
J’ai eu une douleur terrible au bras, il y a à peine quelques heures. Une crise peut-être ? En tout cas, au moment où je l’ai sentie s’approcher de mon bras et s’installer, j’ai fait une grimasse suivi d’un « ouf ! » Symbolisant, ridiculement, mon sentiment. Ensuite, je me suis tu. Puis, j’ai souri avant de rire comment un enfant. Oui, j’ai ri !
J’avais mal, en effet, très mal mais je me suis souvenue que je n’étais pas seule.
En France, nous sommes une centaine. En Europe et partout dans le monde, des milliers. Ceux qui souffrent, comme vous et moi, de maladies orphelines sont des millions. Et oui, nous sommes des millions unis et réunis par cette douleur, faibles de notre handicap, forts de notre parcours, condamnés à taire notre mal pour ne pas nuire aux autres… les autres… s’ils savaient seulement…
Alors, en me remémorant tout cela, j’ai pensé avoir le choix :
1) pleurer, me renfermer, sachant que le Behçet n’attend que cela pour se réveiller.
2) Rire, rire aux éclats, malgré tout. Mieux profiter de la vie, sachant que le Behçet nous oblige à connaître la valeur de la vie, à l’aimer, à nous y accrocher très fort.
Moi, j’ai fait mon choix.
J’ai toujours mal au bras et à l’épaule, certes…
Après tout, la vie est ce qu’elle est !
Qu’en est-il de vous ?