
Il est 01H22, je suis devant l’écran de mon ordinateur.
En « vacances » à Nice, je me sens étouffée, fatiguée. L’air de la mer peut être ? C’est bien vrai, à un détail prêt : il s’agit de l’air de la « mère » !! Comment en vouloir à une personne qui ne peut que subir le mal de son enfant ? Comment en vouloir à une mère qui souffre au point de refuser en bloque ce qu’endure son enfant ? Comment ne pas se sentir coupable de son propre mal ?!
Du coup, à force de ruminer des idées pareilles, on se sent très fatigué. On a juste envie de se « déconnecter » le plus possible de la réalité, de dormir enfin…
Ma mère s’inquiète et me charrie à chaque fois où je baisse les bras comme maintenant. Moi, je ne peux me sentir que plus paralysée…
Cet après midi, je l’ai reçu… Enfin, c’est ma mère qui l’a reçue puisqu’il lui était destiné : ce fameux livre « ELLE est venue vous dire… Ecoutez là ! ». C’est une femme portant en elle la même souffrance depuis des années qui l’a écrit. Elle parle de ce mal que personne ne comprend. J’ai été très heureuse de voir que ma mère l’a reçu avant de repartir au Maroc (en passant, je vous remercie infiniment Dominique !).
« Je le lirai, le relirai et le re relirai » m’a-t-elle dit…
Moi, je me suis jetée dessus pour lire… la dernière page, comme dans mon habitude ! Je n’aime pas les suspenses !
Là, je m’arrête un instant… Comment décrire l’indescriptible ?
En fait, j’ai été frappée, touchée, chamboulée. Pourtant, je n’en avais lu que les trois derniers chapitres…
D’abords, parce que le roman ne faisait qu’une soixantaine de pages. Trop peu pour décrire un tel mal, me diriez vous ? Moi, je dirai que c’est juste ce qu’il faut pour ne pas saouler le lecteur… Sérieux, imaginez 300 pages de plaintes…
Autre « petit » détail frappant : le style. On croirait un enfant qui aurait pris, de ses petites mains, son stylo pour décrire ce qu’il lui arrivait avec une pointe d’ironie (les situations n’avaient rien de « comique » comme l’expliquait le résumé au dos. En tout cas, c’est mon avis…)
A ce moment là, ma mère interrompit ma lecture « à l’envers » pour me réprimander, ce qu’elle fait depuis quelque temps déjà en voyant ma fatigue chronique et mon « laisser aller » côté études : « Tu as dormi toute la journée et maintenant, tu es entrain de bouquiner. Travaille au moins tes cours ! » Je refermai, alors, ce qu’ « ELLE est venue vous dire » pour me recroqueviller une heure dans mon coin sans dire mot avant de descendre téléphoner à ma meilleure amie. Au moins, elle, elle ne me dit jamais d’aller réviser alors que je n’en ai pas la tête… Mais bon, il ne faut pas en vouloir à une mère ; on est sa chaire et son sang, elle ne peut vouloir que le bien de son enfant…
L’appel dura plus de deux heures. Deux heures où j’ai arpenté les rues de Nice pour me retrouver au port. C’était beau de voir les reflets des lampes sur la surface de l’eau, surtout quand on n’est pas sorti depuis quatre jours… J’étais en larmes à ce moment là et je ne savais plus où donner de la tête ! Dur, dur d’être malade et de ne rien avoir pour s’accrocher.
Après notre discussion, ma meilleure amie a fini par perdre le chemin de retour chez elle, puisque de son côté, également, elle marchait au fin fond de Paris… Ses mots me réconfortèrent assez pour rentrer à la maison et peut être dormir.
De retour, je retrouvai ma mère folle de rage et d’inquiétude car j’avais disparu de 21H30 jusqu’à minuit et avec tous ces clochards qui rodent dans la rue… ah, maman ! Si tu savais que je donnais à manger à ces « clochards » les Dimanches jusqu’à 23H…
Elle se coucha, ensuite. Je pense qu’elle est très triste… Un mélange, en fait, entre de la colère, de la tristesse et beaucoup de culpabilité. Que puis je y faire ? RIEN !
Je vois qu’elle a ouvert ce qu’ « ELLE est venue vous dire », elle en est à la moitié du livre… Je décide, alors, de l’ouvrir moi aussi. Du début, cette fois…
Je plonge…
Un univers à la fois enfantin, baigné dans l’innocence des jours où « on ne comprenait pas les choses ». C’était bien le cas pour ELLE qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait avec cette maladie. ELLE voyait « des savants » qui parlaient une autre langue, comme on voyait les grands parler le « langage des grands » quand on était trop petit pour saisir… Puis, il y avait ceux qui l’entouraient : ceux qui l’aimaient. Et ceux qui croyaient l’aimer ; eux, ceux qui ne comprendront jamais et qu’on préférerait ignorer.
Il y avait son mari, aussi… Je préfère me dire que c’est une espèce en voie d’extinction plutôt que de constater que cette catégorie s’est réellement éteinte ! Et oui ! Les garçons de ma génération sont loin d’être les hommes les plus galants qui soit dans l’univers du « chacun pour soi »…
Tout ceci tournait autour d’ELLE, SA façon de l’appréhender, SA façon de le vivre. Ce mal, constamment présent au point qu’on se croirait parano ou trop « douillet », pour reprendre ce qu’ « ELLE est venue vous dire ».
ELLE a conté son mal comme on raconterait une histoire pour enfant : le plus simplement du monde. Et pourtant…
Je ferme ce livre. Je m’enfonce dans mon fauteuil et pense à ELLE. En fait, c’est un peu à moi que je pense quand je médite sur SON parcours. ELLE est un exemple pour moi qui n’ai que vingt ans.
Un espoir.
ELLE a donné un coup de blanc sur le tableau de ma vie que je voyais en noir. ELLE m’a rappelée que la vie était grise. En fait, cette vie qui nous prend tant de choses, nous en offre beaucoup de belles. Je l’avais oublié… ELLE est venue me le dire.
Merci, Dominique !
En « vacances » à Nice, je me sens étouffée, fatiguée. L’air de la mer peut être ? C’est bien vrai, à un détail prêt : il s’agit de l’air de la « mère » !! Comment en vouloir à une personne qui ne peut que subir le mal de son enfant ? Comment en vouloir à une mère qui souffre au point de refuser en bloque ce qu’endure son enfant ? Comment ne pas se sentir coupable de son propre mal ?!
Du coup, à force de ruminer des idées pareilles, on se sent très fatigué. On a juste envie de se « déconnecter » le plus possible de la réalité, de dormir enfin…
Ma mère s’inquiète et me charrie à chaque fois où je baisse les bras comme maintenant. Moi, je ne peux me sentir que plus paralysée…
Cet après midi, je l’ai reçu… Enfin, c’est ma mère qui l’a reçue puisqu’il lui était destiné : ce fameux livre « ELLE est venue vous dire… Ecoutez là ! ». C’est une femme portant en elle la même souffrance depuis des années qui l’a écrit. Elle parle de ce mal que personne ne comprend. J’ai été très heureuse de voir que ma mère l’a reçu avant de repartir au Maroc (en passant, je vous remercie infiniment Dominique !).
« Je le lirai, le relirai et le re relirai » m’a-t-elle dit…
Moi, je me suis jetée dessus pour lire… la dernière page, comme dans mon habitude ! Je n’aime pas les suspenses !
Là, je m’arrête un instant… Comment décrire l’indescriptible ?
En fait, j’ai été frappée, touchée, chamboulée. Pourtant, je n’en avais lu que les trois derniers chapitres…
D’abords, parce que le roman ne faisait qu’une soixantaine de pages. Trop peu pour décrire un tel mal, me diriez vous ? Moi, je dirai que c’est juste ce qu’il faut pour ne pas saouler le lecteur… Sérieux, imaginez 300 pages de plaintes…
Autre « petit » détail frappant : le style. On croirait un enfant qui aurait pris, de ses petites mains, son stylo pour décrire ce qu’il lui arrivait avec une pointe d’ironie (les situations n’avaient rien de « comique » comme l’expliquait le résumé au dos. En tout cas, c’est mon avis…)
A ce moment là, ma mère interrompit ma lecture « à l’envers » pour me réprimander, ce qu’elle fait depuis quelque temps déjà en voyant ma fatigue chronique et mon « laisser aller » côté études : « Tu as dormi toute la journée et maintenant, tu es entrain de bouquiner. Travaille au moins tes cours ! » Je refermai, alors, ce qu’ « ELLE est venue vous dire » pour me recroqueviller une heure dans mon coin sans dire mot avant de descendre téléphoner à ma meilleure amie. Au moins, elle, elle ne me dit jamais d’aller réviser alors que je n’en ai pas la tête… Mais bon, il ne faut pas en vouloir à une mère ; on est sa chaire et son sang, elle ne peut vouloir que le bien de son enfant…
L’appel dura plus de deux heures. Deux heures où j’ai arpenté les rues de Nice pour me retrouver au port. C’était beau de voir les reflets des lampes sur la surface de l’eau, surtout quand on n’est pas sorti depuis quatre jours… J’étais en larmes à ce moment là et je ne savais plus où donner de la tête ! Dur, dur d’être malade et de ne rien avoir pour s’accrocher.
Après notre discussion, ma meilleure amie a fini par perdre le chemin de retour chez elle, puisque de son côté, également, elle marchait au fin fond de Paris… Ses mots me réconfortèrent assez pour rentrer à la maison et peut être dormir.
De retour, je retrouvai ma mère folle de rage et d’inquiétude car j’avais disparu de 21H30 jusqu’à minuit et avec tous ces clochards qui rodent dans la rue… ah, maman ! Si tu savais que je donnais à manger à ces « clochards » les Dimanches jusqu’à 23H…
Elle se coucha, ensuite. Je pense qu’elle est très triste… Un mélange, en fait, entre de la colère, de la tristesse et beaucoup de culpabilité. Que puis je y faire ? RIEN !
Je vois qu’elle a ouvert ce qu’ « ELLE est venue vous dire », elle en est à la moitié du livre… Je décide, alors, de l’ouvrir moi aussi. Du début, cette fois…
Je plonge…
Un univers à la fois enfantin, baigné dans l’innocence des jours où « on ne comprenait pas les choses ». C’était bien le cas pour ELLE qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait avec cette maladie. ELLE voyait « des savants » qui parlaient une autre langue, comme on voyait les grands parler le « langage des grands » quand on était trop petit pour saisir… Puis, il y avait ceux qui l’entouraient : ceux qui l’aimaient. Et ceux qui croyaient l’aimer ; eux, ceux qui ne comprendront jamais et qu’on préférerait ignorer.
Il y avait son mari, aussi… Je préfère me dire que c’est une espèce en voie d’extinction plutôt que de constater que cette catégorie s’est réellement éteinte ! Et oui ! Les garçons de ma génération sont loin d’être les hommes les plus galants qui soit dans l’univers du « chacun pour soi »…
Tout ceci tournait autour d’ELLE, SA façon de l’appréhender, SA façon de le vivre. Ce mal, constamment présent au point qu’on se croirait parano ou trop « douillet », pour reprendre ce qu’ « ELLE est venue vous dire ».
ELLE a conté son mal comme on raconterait une histoire pour enfant : le plus simplement du monde. Et pourtant…
Je ferme ce livre. Je m’enfonce dans mon fauteuil et pense à ELLE. En fait, c’est un peu à moi que je pense quand je médite sur SON parcours. ELLE est un exemple pour moi qui n’ai que vingt ans.
Un espoir.
ELLE a donné un coup de blanc sur le tableau de ma vie que je voyais en noir. ELLE m’a rappelée que la vie était grise. En fait, cette vie qui nous prend tant de choses, nous en offre beaucoup de belles. Je l’avais oublié… ELLE est venue me le dire.
Merci, Dominique !
2 commentaires:
je retente un esssai pour voir si mon commentaire passe bien
je vois que je peux donc refaire mon commentaire!je suis très touchée par tout ce que tu as dit sur mon livre et je voulais te dire combien je ressens ta tristessse dene pas être comprise par ta chère maman..cela viendra, tu verrras, il faut bien lui expliquer mais pour l'instant, elle doit être dans le déni et refuser que sa chère fille, soit malade..je pense que nos parents et famille passent tous par là, un peu comme nous, au fond et puis, un jour, ils comprendront??courage à toi et je te prie de transmettre un amical bonjour à ta maman et je t'embrasse de tout mon coeur...dominique
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