mercredi 14 février 2007

Il Disait Vrai!


Un jour Gustave Flaubert a dit : « Du courage, je n’en ai guère. Mais je fais comme si j’en avais, ce qui revient peut être au même… »

Je me suis toujours demandée dans quelles circonstances il a dû confesser ce mal. En tout cas, le jour où je l’ai entendu de la bouche d’un psychiatre qui donnait une conférence sur la « psychologie de la peur », ce jour là, j’avais l’impression qu’elle s’adressait à moi parmi toute cette foule. Je voyais Flaubert sortir de l’écran, me regarder et me parler à moi. Non, c’est pas vrai. C’est juste sa phrase qui me parlait…

Il avait raison. « Du courage, je n’en ai guère », loin de là. Je pense être une peureuse née. J’ai peur de tout, surtout de la maladie. J’ai peur de cette chose que je ne comprends pas. Elle se manifeste quand elle veut et s’en va dès que ça lui chante, on ne peut que la subir. « Du courage, je n’en ai guère », c’est pour cette raison que je fuie, que je me réfugie dans l’écriture. C’est pire que du manque de courage, je dirai même que c’est de la lâcheté !

« Du courage je n’en ai guère. Mais je fais comme si j’en avais » Je ne me contente pas d’être lâche mais même cette lâcheté, je ne l’assume pas auprès des autres. Je suis tellement peureuse que je ne l’avoue pas, j’ai peur d’être mise face à cette terreur. Alors, en marchant dans les sentiers de cet univers, je fais semblant.

« Du courage je n’en ai guère. Mais je fais comme si j’en avais… » Le pire est que tout le monde croit en cette duperie. Ca ne m’étonne pas, même moi je me suis mentie et j’ai cru en mon mensonge, dur comme fer !

« Du courage, je n’en ai guère. Mais je fais comme si j’en avais, ce qui revient peut être au même… » La chute de cette phrase. « Ce qui revient peut être au même ». Le génie (ou peut être bien l’inattention) de Flaubert a fait qu’il n’a pas vraiment fini sa phrase pour laisser libre court à l’interprétation des Hommes. Ce qui revient au même de quoi ? Du fait de ne pas avoir du courage ? Ce qui revient, justement, à avoir du courage ?
Moi, je l’ai comprise comme je le voulais : Ceci revient au point de départ, au fait de ne pas avoir du courage. C’est comme si on n’avait rien fait. C’est comme ça que je le vois.

Je suis une lâche qui fait semblant.

Mais une chose : un terme dans la deuxième phrase peut attirer l’attention « ce qui revient PEUT ETRE au même ». Ce « peut être », qui mène à penser tous les possibles existant, en change jusqu’à l’essence…

Alors, je me dis que, peut être…

vendredi 9 février 2007

« Donnez-moi un levier et un point d’appui et je soulèverai le monde »




J’aurais pu soulever le monde, j’aurais pu le changer. A la place, je suis tombée malade. Ensuite, je me dis qu’on aurait tous pu… Puis même Archimède n’a pas soulevé le monde. Et moi, avec mes écrits et mon blog, je sais que je cause plus de tort que de bien. Du tort à ceux qui le lisent, à ceux qui culpabilisent, à ceux qui me connaissent et même ceux qui ne me connaissent pas mais qui sont liés à moi par ce mal. Enfin, c’est à moi que je cause du tort à chaque fois où je lis les commentaires ou les mails qu’on m’envoie.

A à peine un mois de vie, je me demande si je ne dois pas mettre fin à ce blog…

La première réponse qui me vient à l’esprit est un « oui » détaché, sans sens. Ensuite, une petite voix me dit de ne pas m’arrêter en si bon chemin. Ce n’est pas cela qui va me handicaper.

Alors, je continue…

Je m’étais arrêtée au tour de France. Et quel tour de France ! Pour résumer j’ai eu droit à une magnifique expérience humaine. La plus belle que je n’avais jamais eue, je crois ! J’ai passé des entretiens dans différentes villes et j’ai pu connaître mille endroits, aussi insolites qu’extraordinaires (pas forcément beaux…). J’ai fait la connaissance avec la cathédrale d’Amiens, la ville de Dijon, La Rochelle (magnifique !), Troyes, Paris (ouais bon…) Tours et Poitiers (La belle), j’ai même vu St Etienne. Enfin, Strasbourg. Ha ! Strasbourg, là où j’ai déposé mes bagages, la ville que j’ai épousée. Je l’aime et c’est pour la vie !

En ce qui concerne les entretiens, j’en ai eu de toutes les couleurs : entretiens de groupes, simulations, on m’a demandé mes personnages préférés, on m’a demandé de dessiner, de faire un exposé sur moi-même. Après, tout le monde me demande la raison pour laquelle je suis narcissique :p

Les oraux ont été pour moi l’occasion de découvrir de nouveaux horizons, de m’enrichir (à l’intérieur), de parler, d’apprendre. Et j’en ai appris des choses !

A la fin, j’avais choisi l’école de management de Strasbourg, ville où j’habite maintenant.

En ce qui concerne ma santé, j’étais tellement bourrée de corticoïdes que je n’ai rien senti. Et je n’ai rien vu venir aussi ! A peine rentrée chez moi, au Maroc, que je replongeais. Pourtant, le Maroc c’est mon pays, le soleil, ma famille, mes amis, ma vie (en grande partie en tout cas)… Mon corps en avait décidé autrement apparemment ; il a fallu que je rechute durant cette période et c’est là où on perd beaucoup de monde : ceux que l’on prenait pour des amis, ceux qui osent dire qu’on a changé juste parce qu’on ne sourit plus, qu’on est triste, et qu’on n’arrive pas à suivre.

Tenter de s’habituer à son mal est un fait, supporter les autres est une autre histoire…

Moi, j’avais décidé de ne pas me casser la tête. Je n’en veux à personne, je continue à marcher, à avancer. Même si je me casse le nez très souvent, je continue à espérer que je trouverai ce levier et ce point d’appuie qui m’aideront à soulever le monde !

mercredi 7 février 2007

Comme dans un rêve.





Comme dans un rêve, il y avait un début, un nœud puis un dénouement. Non… Je pense que ça se passe dans les histoires… En tout cas, ce que j’ai vécu est une histoire ou un rêve, appelez ça comme vous le souhaitez.

Je reprends donc mon récit là où je l’avais laissé.

Deux jours avant les concours, j’avais une crise. Entêté que j’étais (et que je suis toujours) je décidai de les passer malgré les avertissements de mon médecin. Bilan: catastrophique. He oui! J’ai raté en beauté la première partie de mes concours. Je pense qu’en matière de nullité, on ne pouvait pas faire mieux! Mais je ne déprimais pas car il y avait toujours la deuxième partie la semaine suivante.

En petite optimiste, je me reposai quelques jours et repris la course. Durant trois semaines, je devais me transformer à volonté en mathématicienne, philosophe, pro de la géopolitique ou experte en lettres. Il fallait disserter, la plus part du temps durant 5h20min (j’avais un tiers du temps donné en plus compte tenu de mes problèmes d’articulations) Bref, le parcours du combattant! Mais je ne me plaignais pas car j’avais été préparé (ou formaté, c’est comme vous voulez) durant deux ans à subir des traitements de choc. Je tentais juste de supporter mes douleurs pour me concentrer sur les sujets.

J’étais seule dans une salle avec une surveillante rien qu’à moi (pas la peine d’avoir des idées peu licites donc…) Elle, comme les infirmières de l’hôpital, était très gentille. Notre relation s’arrêtait aux sourires que l’on s’échangeait en guise de bonjour et aux quelques mots que l’on balbutiait afin de fixer une heure pour le commencement de l’examen. Mais un jour… Un jour, alors que je venais de terminer une épreuve avant l’heure « officielle » de fin, elle me regarda, le sourire toujours aux lèvres et me dit:

« Est-ce que ça ne serait pas indiscret de ma part si je vous demandais ce que vous avez comme maladie? »

Bien sûr, son questionnement était bien placé: contrairement au voisin de l’autre salle qui bénéficiait également du tiers temps qui avait d’énormes difficultés pour se déplacer, je boitais à peine et j’avais l’air d’être en pleine forme si ce n’est que je me levais de temps en temps en plein milieu de l’épreuve quand les douleurs aux lombaires devenaient insupportables.
Au départ, je me sentais gênée. Comment parler d’un mal que les autres ne voient pas?
Je lui souris alors pour la rassurer et répondis:

« Ce n’est pas mal placé, ne vous inquiétez pas! Je souffre d’une maladie rare, cela cause des douleurs aux articulations, c’est pourquoi je ne peux ni écrire vite ni rester longtemps assise ou debout ».

C’était dur. Dur d’en parler. Pourtant, ça a l’air si simple, tout bébête. On dit bien que les apparences sont trompeuses…

Après trois semaines, je terminai mes examens et, au même moment, je commençai le traitement de fond. Je passai donc au niveau trois… Au programme: une corticothérapie de 2 à 3ans, Imurel pour toute ma vie bien sûr, Kaléorid, Actonel, Pansement gastrique, somnifères et vitamine C pour amortir l’effet des corticoïdes. Je commençais fort: 60mg durant une quinzaine de jours puis je dégraissais chaque quinzaine de 10mg.

Au départ, « tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Je rentrai au Maroc, mon chez moi. J’avais passé des vacances inoubliables, j’étais pleine de vie, comme si je savais que ça allait être les dernières où j’irai pour le mieux.

De retour en France, j’obtins les résultats des écrits. Je devais passer à la phase suivante: les oraux. Là, il fallait une certaine endurance physique car il fallait se déplacer aux écoles, faire le tour de France… Je pris mon sac, comme une globe trotteuse et partis à l’aventure. Avec les corticoïdes à 60mg dans le corps, j’avais un punch de sportif et la sensation de pouvoir faire dix fois le tour du monde!

La suite… Lors des prochains épisodes ;)