
Comme dans un rêve, il y avait un début, un nœud puis un dénouement. Non… Je pense que ça se passe dans les histoires… En tout cas, ce que j’ai vécu est une histoire ou un rêve, appelez ça comme vous le souhaitez.
Je reprends donc mon récit là où je l’avais laissé.
Deux jours avant les concours, j’avais une crise. Entêté que j’étais (et que je suis toujours) je décidai de les passer malgré les avertissements de mon médecin. Bilan: catastrophique. He oui! J’ai raté en beauté la première partie de mes concours. Je pense qu’en matière de nullité, on ne pouvait pas faire mieux! Mais je ne déprimais pas car il y avait toujours la deuxième partie la semaine suivante.
En petite optimiste, je me reposai quelques jours et repris la course. Durant trois semaines, je devais me transformer à volonté en mathématicienne, philosophe, pro de la géopolitique ou experte en lettres. Il fallait disserter, la plus part du temps durant 5h20min (j’avais un tiers du temps donné en plus compte tenu de mes problèmes d’articulations) Bref, le parcours du combattant! Mais je ne me plaignais pas car j’avais été préparé (ou formaté, c’est comme vous voulez) durant deux ans à subir des traitements de choc. Je tentais juste de supporter mes douleurs pour me concentrer sur les sujets.
J’étais seule dans une salle avec une surveillante rien qu’à moi (pas la peine d’avoir des idées peu licites donc…) Elle, comme les infirmières de l’hôpital, était très gentille. Notre relation s’arrêtait aux sourires que l’on s’échangeait en guise de bonjour et aux quelques mots que l’on balbutiait afin de fixer une heure pour le commencement de l’examen. Mais un jour… Un jour, alors que je venais de terminer une épreuve avant l’heure « officielle » de fin, elle me regarda, le sourire toujours aux lèvres et me dit:
« Est-ce que ça ne serait pas indiscret de ma part si je vous demandais ce que vous avez comme maladie? »
Bien sûr, son questionnement était bien placé: contrairement au voisin de l’autre salle qui bénéficiait également du tiers temps qui avait d’énormes difficultés pour se déplacer, je boitais à peine et j’avais l’air d’être en pleine forme si ce n’est que je me levais de temps en temps en plein milieu de l’épreuve quand les douleurs aux lombaires devenaient insupportables.
Au départ, je me sentais gênée. Comment parler d’un mal que les autres ne voient pas?
Je lui souris alors pour la rassurer et répondis:
« Ce n’est pas mal placé, ne vous inquiétez pas! Je souffre d’une maladie rare, cela cause des douleurs aux articulations, c’est pourquoi je ne peux ni écrire vite ni rester longtemps assise ou debout ».
C’était dur. Dur d’en parler. Pourtant, ça a l’air si simple, tout bébête. On dit bien que les apparences sont trompeuses…
Après trois semaines, je terminai mes examens et, au même moment, je commençai le traitement de fond. Je passai donc au niveau trois… Au programme: une corticothérapie de 2 à 3ans, Imurel pour toute ma vie bien sûr, Kaléorid, Actonel, Pansement gastrique, somnifères et vitamine C pour amortir l’effet des corticoïdes. Je commençais fort: 60mg durant une quinzaine de jours puis je dégraissais chaque quinzaine de 10mg.
Au départ, « tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Je rentrai au Maroc, mon chez moi. J’avais passé des vacances inoubliables, j’étais pleine de vie, comme si je savais que ça allait être les dernières où j’irai pour le mieux.
De retour en France, j’obtins les résultats des écrits. Je devais passer à la phase suivante: les oraux. Là, il fallait une certaine endurance physique car il fallait se déplacer aux écoles, faire le tour de France… Je pris mon sac, comme une globe trotteuse et partis à l’aventure. Avec les corticoïdes à 60mg dans le corps, j’avais un punch de sportif et la sensation de pouvoir faire dix fois le tour du monde!
La suite… Lors des prochains épisodes ;)